Beethoven, l'Archiduc
Le trio pour piano et cordes est un des alliages les plus difficiles, exigeant une hiérarchisation et un équilibrage subtil des rôles. Garant de la plénitude harmonique, le clavier apporte une précieuse diversification des timbres, mais il ne doit pas se montrer dominant face aux deux instruments à cordes. Avec Haydn, violon et piano se partagent le premier rôle tout au long des variations initiales. Cantabile, le mouvement central joue sur la corde sensible, tandis que le finale entraîne l’auditeur dans une danse hongroise aux rythmes aussi changeants qu’ensorcelants. Mais avec Beethoven, le violoncelle refuse de se confiner dans son rôle de basse. Prétendant tous à une ampleur symphonique, les trois instruments n’ont plus de raison de se jalouser. Chantant désormais ensemble, ils partagent leurs titres de noblesse avec le dédicataire de la partition, l’archiduc Rodolphe, plus jeune fils de l’empereur Léopold II d’Autriche. De quoi lancer dignement une série de concerts célébrant le 200e anniversaire de la mort de Beethoven.